classique, espagnoles, italiennes ou allemandes, les carte à jouer ont traversé les époques et les continents avec en commun la transmission de jeux divers et variés. De l’ivoire au carton, voici un petit tour d’horizon de l’histoire des cartes à jouer.
Les premières traces de cartes à jouer que l’on peut trouver en Europe remontent à la fin du XIVème siècle. Il est pourtant plus vraissemblable que les vrais origines des cartes soient beaucoup plus anciennes et que l’Europe n’en ait pas été le berceau.
Sans aucune certitude, il semblerait que l’Orient, proche ou lointain, ait laissé des vestiges de cartes à jouer.
On pense notamment à l’Inde et la Perse qui auraient engendré des jeux dont auraient hérité différents pays du Proche-Orient : la hiérarchie des figures représentées, en effet, n’est pas sans rappeler les fameuses castes qui régissent le pays depuis des lustres.
Les éléments retrouvés au Proche-Orient, quant à eux, pourraient être datés du XIIème siècle; certaines similitudes avec des jeux italiens plus récents ont même pu être dégagées. Suivant les grandes voies maritimes commerciales, il est donc tout naturel que les cartes aient été introduites en Espagne et en Italie, par le biais d’échanges entre marchands. Il va de soi que les premières cartes à jouer étaient entièrement réalisées et décorées à la main, souvent par des artistes peintres de renom.
De fait, elles étaient possédées et utilisées par les classes les plus fortunées de la société.
Pour exemple, au milieu du XVème siècle, un jeu de cartes coûtait environ vingt francs-or, ce qui représentait une véritable fortune.
Certains jeux dessinés à la main par les artistes les plus célèbres pouvaient même atteindre plusieurs centaines d’écus d’or !
La vrai révolution s’est donc bien évidemment produit avec la découverte de l’imprimerie, qui a joué un rôle considérable dans la démocratisation des cartes à jouer.
Au début du XVème siècle, les jeux de cartes ont commencé à être produits par milliers, à tel point que l’Eglise, qui n’était guère favorable à ce type de jeu, devait mettre en place de nombreux autodafés. Il faut dire que, très souvent, les jeux pratiqués étaient des jeux d’argent.
Chacun ses cartes…
Très rapidement, la répartition des cartes entre les nombres et les figures et le nombre de cartes par jeu sont devenu à peu de choses près identiques, et ce d’un pays à l’autre. Ce qui changeait beaucoup, en rechanve, en plus des jeux et de leurs règles, c’étaient les illustrations qui les ornaient.
Tantôt, il s’agissait de représenter des éléments naturels, tantôt des personnages ou des objets. Aujourd’hui encore, on peut trouver des jeux de cartes autour de thèmes très variés, sans que cela influe en quoi que ce soit sur le rôle et la valeur des cartes en question.
Au XVème siècle, les signes que l’on connaît (pique, coeur, carreau, trèfle) et que l’on utilise actuellement en Europe et dans de nombreux pays du monde ont été instaurés.
Au sujet de ces symboles et des figures (valet, dame et roi), un décret révolutionnaire en 1793 a interdit la représentation des emblèmes féodaux, qui, alors, ont été remplacés par d’autres symboles.
Les dames, par exemple, sont devenues les symboles des quatres libertés (profession, culte, mariage et presse), tandis que les rois des quatre couleurs étaient remplacés par les génies de la guerre, de la paix, du commerce et des arts. Enfin, les valets ont été transformés en symboles de l’égalité, des devoirs pour le coeur, des couleurs de peau pour le carreau, de l’égalité des rangs sociaux pour celle du pique et enfin des droits pour le trèfle.
Toujours en France, de nombreuses autres inspirations révolutionnaires puis républicaines ont ensuite fait appel à de non moins nombreuses figures de la vie politique et publique pour illustrer les jeux de cartes.
C’est vers la fin du XIXème siècle que les cartes ont recouvré leurs symboles classiques.
A l’espagnole ou à l’italienne
L’Espagne et l’Italie continuent à utiliser parallèlement des jeux de cartes particuliers.
On sait de manière formelle que ces symboles proviennent directement des jeux arabes. En lieu et place des quatre couleurs, les cartes italiennes et espagnoles utilisent le Bâton, l’Epée, le Denier et la Coupe.
Ces cartes, qui descendent directement des tarots vénitiens, sont au nombre de 48 (au lieu de 52), étant donné que les dix ,ne sont pas représentés. Certains jeux de cartes comme l’Aluette utilisent ce type de cartes.
Sachez néanmoins que vous pouvez parfaitement jouer à n’importe quel jeu prévu pour ce type de cartes avec un jeu de cartes classiques auquel vous aurez pris soin de retirer les dix.
En Italie, ces cartes sont appelées Naïbis (ou Naïbes); à l’origine, elles avaient une vocation ludique et encyclopédique : elles servaient de support d’apprentissage pour les enfants.
Y étaient représentés les planètes, les muses, les vertus… Ce n’est que plus tard qu’elles ont définitivement trouvé leur vocation ludique, en servant différents jeux de hasard et de combinaisons.
Les cartes espagnoles portent un nom très proche – Na*ipes; elles étaient très répandues en Espagne au milieu du XIVème siècle. Leur nom proviendrait des initiales de leur inventeur, Nicolas Pépin. Il est cependant probable que leurs origines remontent aux Naïbes italiennes.
